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On en a parlé en 2017


Informations relevées dans la revue Ciel&Espace

En janvier

  

Grands télescopes : la nouvelle vague est là.

Après un calme de 10 ans, les projets de télescopes repartent de plus belle. Une vague marquée par l'avènement d'instruments géants, mais également par l'arrivée de nouveaux pays dans le paysage astronomique mondial.

Il y a tout juste dix ans entrait en service le plus grand télescope du monde, doté d'un miroir de plus de 10 mètres de diamètre : le Gran Telescopio Canarias (GTC). Et depuis ? Plus rien. Ou presque : aucun télescope optique de plus de cinq mètres n'a vu le jour. Tout juste compte-t-on quelques nouveaux réflecteurs de la classe de quatre mètres : Lamost en Chine, le télescope européen Vista, au Chili et le Discovery Channel Telescope aux États-Unis. Ce coup d'arrêt est d'autant plus frappant que, de 1993 à 2007, dix-sept grands télescopes (6,5 mètres et plus) sont entrés en service, dont cinq de la classe de 10 mètres !

L'astronomie mondiale est-elle en panne ? Certes non. Si l'on regarde en arrière, la construction de télescopes optiques a déjà connu des creux. Dans les années 1970, et au début des années 1980, plusieurs instruments de quatre à six mètres ont vu le jour. Ils répondaient aux enjeux scientifiques de l'époque et au savoir-faire technologique. Après cette vague il y eut une pause. C'était le temps nécessaire pour concevoir la génération suivante. Aujourd'hui nous sommes de nouveau dans cette situation. Plus précisément, nous sortons du creux de vague, avec la mise en service d'un télescope de 3,6 mètres en Inde début  2016. Dans les années qui viennent, les télescopes vont pousser comme des champignons : neuf projets devraient se concrétiser d'ici dix ans.

Cette vague très attendue est néanmoins assez différente de la précédente. Sans surprise, les pays développés mettent au point des grands télescopes innovants, voire des géants de la classe des 30 mètres. Le grand changement, c'est que des pays émergents entrent dans la danse avec des instruments de la classe quatre à six mètres. Il faut désormais compter avec l'Inde, la Turquie, l'Iran, le Mexique ou la Chine. Et ce n'est pas tout : certains de ces pays s'associent également aux grands programmes internationaux. C'est le cas de l'Inde, de la Corée du Sud et de la Chine, mais aussi, et surtout du Brésil. Ce dernier est partenaire de deux des trois plus grands projets en cours : l'EELT européen de 39 mètres et le Giant Magellan Telescope (GMT) des Etats-Unis, qui doit mesurer 24,5 mètres.

Autre changement : les lieux d'implantation. Les Andes, Hawaï et les Canaries, qui accueillent la majorité des grands télescopes actuels, sont rejointes aujourd'hui par l'Himalaya. Cette zone était déjà connue du temps de l'Union soviétique puisque celle-ci y a construit deux observatoires, l'un au nord-ouest de la chaîne, au Tadjikistan (le site désaffecté du Pamir), à 4350 m d'altitude et l'autre au Kazakhstan (Tien Shan, à 2730 m).

En février

A-t-on vu naître un trou noir ?

Une équipe d'astronomes de l'Ohio pense avoir surpris la formation d'un trou noir stellaire. Une première permise grâce à l'observation d'une "supernova manquée", quand l'explosion d'une étoile très massive s'interrompt brusquement.

La supernova apparue en mars 2009 dans la galaxie spirale NGC 6946 à 18 millions d'années-lumière de la Terre, aurait pu passer totalement inaperçue. Elle aurait pu venir grossir les rangs de ces dizaines d'explosions d'étoiles massives décelées chaque année par les astronomes et qui, prises individuellement, ne leur apprennent guère sur le phénomène qui conduit à la fin cataclysmique des étoiles. Mais l'équipe menée par Scott Adams (université de l'Ohio y a rapidement vu un cas particulier, peut-être unique. Car au bout de quelques semaines, au lieu de continuer à briller de mille feux, la supernova s'est soudainement affadie. Comme si l'explosion s'était tarie. Après une étude détaillée, l'équipe vient de conclure que cette supernova avortée correspondrait à ce qu'ils attendaient patiemment : la naissance d'un trou noir stellaire, vu en direct pour la première fois !

Vous penserez peut-être : quoi d'étonnant ? Après tout, on observe des étoiles s'effondrer sur elle-même tous les ans pour aboutir à des supernovae avec parfois pour les plus massives d'entre elles, la naissance d'un trou noir ! Sauf que ce n'est pas si simple. De même que vous n'apercevez pas grand-chose d'une personne qui vous photographie avec un flash puissant, les astronomes ne connaissent pas grand-chose de la naissance d'un trou noir en observant une supernova éblouissante.

Or, ce que l'équipe de Scott Adams a observé, c'est une supernova manquée. Un peu comme si le flash du photographe n'avait pas marché et que vous puissiez enfin voir ce dernier et le décrire. Cette découverte peut sembler fortuite. Pourtant si les astronomes ont eu un peu de chance, ils ont su forcer celle-ci...

Supernova manquée

L'idée des supernovae ratées remonte à 2008. Christopher Kochanek, lui aussi à l'université d'Etat de l'Ohio, raconte comment elle est venue : "Au cours d'une discussion, nous avons réalisé que les travaux visant à simuler des explosions de supernovae avaient beaucoup de mal à y parvenir malgré la détermination sans faille des chercheurs qui voulaient que toutes leurs simulations numériques aboutissent à une explosion, raconte l'astronome. En creusant la question, nous nous sommes aperçus que trop peu d'étoiles massives étaient à l'origine de supernovae. Étrange ! Qu'est-ce qui pouvait empêcher une étoile massive de finir de cette manière ? La physique de ces explosions n'est pas très bien comprise, Constate Scott Adams. La théorie la plus prometteuse postule que ce sont les neutrinos produits peu de temps après l'effondrement de l'étoile qui fournissent l'énergie nécessaire à son explosion. Dans une supernova manquée, ces neutrinos ne rempliraient pas leur rôle. Elle serait essentiellement le fait d'étoiles de plus de 20 masses solaires."

  

En mars

L'univers est-il plein de vie ?

Les récentes découvertes ravivent l'espoir de détecter un jour la vie ailleurs : les planètes sont légion dans la galaxie, les briques élémentaires de la vie sont forgées partout dans l'espace. Et sur terre, le vivant a colonisé même les environnements les plus hostiles qui soit. Mais pour réussir la recette et faire surgir la vie il faut réunir de très nombreux autres paramètres.

L'apparition de la vie sur Terre, c'est un peu comme le ragoût de boeuf légendaire de votre arrière-grand-mère. Il est merveilleux, mais totalement mystérieux. Personne dans votre famille n'arrive à le reproduire : l'aïeule, intraitable, a emporté la recette avec elle dans sa tombe. Tout ce que vous connaissez, ce sont les ingrédients de base. En menant l'enquête auprès de vos grands-parents, oncles et tantes, vous avez également appris que si le ragoût et si savoureux, c'est qu'il a subi au moins quatre cuissons différentes. À force de tentatives culinaires, vous avez reconstitué les trois premières. Mais il faut avouer qu'à quelques détails près, la quatrième vous échappe encore.

Les ingrédients de base de la vie, ce sont les atomes qui pullulent entre les étoiles. Le plus abondant de tous, l'hydrogène, mais aussi tous ceux, plus lourds, que les étoiles fabriquent et disséminent dans l'Univers en agonisant : le carbone, l'oxygène, l'azote, le néon, le soufre. En mourant, les étoiles soufflent aussi des éléments dits réfractaires, parce qu'ils ne se vaporisent qu'à très haute température : des grains microscopiques de fer, de magnésium, de calcium, de silicium et d'aluminium. Des paillettes de quelques microns qui vont jouer un rôle déterminant dans la recette. Allumez à feu doux sous votre bonne vieille marmite. La première cuisson peut maintenant commencer.


Ajouter des grains pour obtenir de la glace.

La scène date de 4,6 milliards d'années : une fraction d'un gigantesque nuage de gaz et de poussière de plusieurs centaines d'années-lumière (appelé nuage moléculaire) commence à s'effondrer sur elle-même. Le gros grumeau de plusieurs milliards d'unités astronomiques qui en résulte n'est autre que le berceau de notre Système solaire. On l'appelle la nébuleuse présolaire. Au coeur de ce cocon, le Soleil en cours de formation commence à réchauffer son environnement. En revanche dès que l'on s'éloigne de l'embryon d'étoile, la température ne dépasse guère -230° C. Paradoxalement, c'est dans ce froid terrible qu'une chimie sophistiquée va se mettre en branle par l'entremise de nos paillettes minérales. Car dans le ballet qui se joue entre les atomes, ces grains, plus gros et plus froids, attirent à eux la foule alentour par condensation. Ainsi regroupés, le carbone, l'oxygène, l'hydrogène, l'azote vont s'associer pour constituer de l'eau, de l'ammoniac, du monoxyde de carbone, du méthane, le tout sous forme de glace. Ce sont les premières molécules complexes du futur Système solaire.

En mai

Astéroïdes

Le nouvel Eldorado


les petits corps du Système solaire sont-ils autant de pépites ? Pour certains entrepreneurs, une nouvelle ruée vers l'or se prépare.


La fièvre des astéroïdes est de retour. Vingt ans après avoir réussi l'improbable synthèse des préoccupations des astronomes et des politiques, il s'agissait alors de cartographier "la menace" qu'ils étaient censés représenter, en recyclant les dispositifs militaires américains issus de la guerre froide. Une nouvelle alliance est en marche. Cette fois entre science et business. Les astéroïdes assure-t-on dans les start-up du New Space financées par les milliardaires du Web, regorgent de richesses qui attendent d'être exploitées. Métaux précieux et terres rares pour nos industries, eau  pour nos futurs explorateurs interplanétaires. Ils possèderaient presque à eux seuls le pouvoir de nous faire basculer dans une nouvelle ère : celle de l'abondance retrouvée. Aux Etats-Unis, une loi a déjà été adoptée il y a deux ans pour permettre aux entrepreneurs de se lancer dans leur exploitation minière. En Europe, c'est le Luxembourg qui entend très officiellement ouvrir la voie. Si les scientifiques sont par nature plus circonspects, ils se gardent bien de doucher ce bel enthousiasme. Ils font seulement remarquer qu'avant toute chose, il faudrait en savoir davantage sur les astéroïdes. Envoyer peut-être encore quelques sondes, financer ici ou là un télescope. Cette nouvelle poussée de fièvre connaîtra-t-elle le glorieux destin de la première. Des centaines de milliers d'astéroïdes découverts depuis 1998, plusieurs sondes lancées en leur direction, et même une journée mondiale des astéroïdes décrétée par l'ONU (le 30 juin). Ou retombera-t-elle sans laisser d'autres souvenirs que quelques vues d'artistes un peu trop folles, quelques discours un peu trop d'enthousiastes, quelques millions un peu trop vite évaporés ? Difficile à dire. Les plus convaincus assurent que les astéroïdes sont notre nouvel Eldorado. Les sceptiques, eux, font remarquer que l'Eldorado était un pays imaginaire.

  

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CONSTELLATIONS